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Laissez-vous tenter par l'une de mes dernières lectures dont j'ai laissé le billet derrière moi !

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Laissez-vous entraîner dans le flot d'écriture des ateliers avec la communauté de bloggueurs !

Bonne lecture(s) ;)

jeudi 9 octobre 2014

Le Cœur Cousu - Carole Martinez

Les mots m'ont engloutie sans que j'y prenne garde et j'ai plongé dans ce monde fantastique à mi-chemin entre le contre et l'épopée. Au-delà d'une seule histoire de femme, ce sont des histoires de femmes pour l'insoumission et la liberté. Ce roman m'a fascinée par son art d'user du merveilleux pour exprimer des vérités dans lesquelles chacun peut se reconnaître et par son intemporalité.Il a été très facile de se laisser bercer par la poésie de Carole Martinez qui nous offre un récit élégant et d'une rare finesse, plein de sensibilité et d'une intensité singulière.
J'ai ressenti une plume profonde et sincère avec un talent indéniable où la beauté se pose sur chaque mot. Ne vous laissez pas impressionner par le volume du livre, c'est une bagatelle. On aimerait en fait que les pages s'étalent à l'infini, on aimerait prendre la main de Frasquita et l'accompagner un peu plus loin encore.

Et puis derrière l'aventure de Frasquita se cachent en vérité des thèmes importants : la place des femmes dans la société, la femme face à l'homme, le sexe, la mort (qui suit d'ailleurs Frasquita comme son ombre) inévitable.

Ce livre se lit comme on admire un tableau. On y contemple une foule de personnages qui s'en viennent et s'en vont comme des petites fleurs qui éclosent puis fanent et qui tous accomplissent un bout de chemin aux côtés de Frasquita en la menant vers son destin.

Bref, un roman de vie.


Merci à ma chère homonyme, Juliette, pour cette lecture inattendue et finalement délicieuse :)

mercredi 8 octobre 2014

Molière à la campagne - Emmanuelle Delacomptée

En un mot : mouais ...


Ce n'est pas mauvais en soi, c'est très bien écrit avec de l'humour et de l'autodérision et l'auteure nous dépeint une éducation nationale très bornée et incohérente ce qui tend à nous ouvrir les yeux sur la réalité mais en dehors de ça le texte est platonique. L'auteure ne fait que relater son année d'agrégation sans trop de détails, sans se livrer pleinement et le seul sentiment qu'elle parvient à nous insuffler c'est celui de lui coller une bonne gifle pour qu'enfin elle se bouge les fesses pour maîtriser un peu mieux sa classe. J'ai sourit à quelques passages, j'ai trouvé les mises en scènes d'élèves touchantes et réalistes mais je ne me suis pas laissée happer par le récit (de toute manière trop court et impersonnel pour s'y laisser prendre).

Ne vous laissez donc pas abuser par le titre aguicheur et la quatrième charmeuse, tout est dans la couverture ...

mercredi 24 septembre 2014

Impromptus Littéraire - IX

Consigne de la semaine :


Qu'elle soit d'eau, de vin, de rosée, de miel ..., une goutte tombe. Racontez-nous qui elle est, d'où elle vient, où elle va.

Bonne lecture ;)



Une goutte, je n’ai senti rien qu’une goutte.

Tous les jours nous la voyions passer. Même les passants se retournaient pour la regarder, même les garçons de café, même les automobilistes, même les petits garçons qui donnaient encore la main, et nous autres, ouvriers sur nos échafaudages que les longues journées nous permettaient d’observer les gens …

Sa beauté nous enflammait tous sans exception. Nous nous sentions des dieux, nous nous enhardissions à l’appeler lorsqu’elle passait. Nous rêvions de la serrer dans nos bras, de l’embrasser dans le cou, de caresser sa peau, de sentir le parfum de ses cheveux et de se perdre dans ses yeux. Elle était notre distraction, notre attraction, notre grand-huit, notre cœur chavirant à chaque coup de talon aiguille sur le pavé. Parfois le vent assez téméraire pour soulever sa robe et souligner la beauté de ses courbes nous arrachait des cris de transe et des sifflements de plaisir. Nous éructions de bonheur.

Tous les jours cette scène se répétait et jamais nous ne nous lassions. Jamais elle ne nous prêta attention. Jamais elle ne détourna son regard.

Ce jour-là, elle était plus belle que jamais. Le soleil de la fin d’automne rivalisait encore un peu avec elle avant de s’effacer avec les courtes journées d’hiver. Elle traversa la route déterminée. Voulait-elle nous éviter ? Nous avons crié plus fort que jamais, nous l’avons supplié de ne pas traverser, nous lui avons hurlé de s’arrêter. Mais elle ne s’arrêta pas. La voiture non plus.

Si nous avions pu connaître son nom pour l’interpeller, si nous avions pu la prendre dans nos bras pour la protéger, si nous avions pu …

J’ai fermé les yeux. J’ai écouté le bruit, j’ai attendu le silence, j’ai senti une goutte. J’ai ouvert les yeux pour recueillir cette larme. J’ai contemplé une dernière fois sa beauté dans cette larme pourpre …

lundi 22 septembre 2014

Challenge "Le Mélange des Genres"

Le challenge a été créé par Miss Léo avec son blog Me, Darcy and I.


Au delà de son titre racoleur et volontairement provocateur en ces temps de médiocrité ambiante, je vous propose un challenge on ne peut plus classique, et surtout assez peu restrictif. Je ne serai pas vexée si personne ne me suit, dans la mesure où celui-ci relève surtout d'une envie personnelle, à savoir lire des ouvrages issus de ma PAL, en favorisant avant tout la diversité des genres littéraires. Il me semble toutefois qu'un certain nombre d'entre vous pourraient y trouver quelque intérêt.

Si vous adorez faire des listes (et ne pas les respecter) . . .
Si vous en avez marre de lire tout le temps la même chose . . .
Si vous comptez parmi les challengeuses forcenées de la blogosphère . . .

. . . alors ce challenge est fait pour vous !

Le but est donc de lire un livre par genre défini ...

classique français (jusque 1950) > Une ville flottante Jules Verne
classique étranger (jusque 1950) > Orgueil et préjugés Jane Austen
essai > ?
récit de voyage > ?
recueil de nouvelles > Odette Toulemonde et autres histoires Eric-Emmanuel Schmitt
(auto)biographie/témoignage > En finir avec Eddy Bellegueule Edouard Louis
recueil de poésie (moi aussi je déteste ça Miss Léo !) > Poèmes et poésie John Keats
pièce de théâtre > Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran Eric-Emmanuel Schmitt
roman historique > Mémoires d'Hadrien Marguerite Yourcenar
roman policier > Cinq petits cochons Agatha Christie
roman jeunesse > Les contes de Beedle le barde J.K. Rowling
roman SF/fantasy > Le sacrifice de l'épouvanteur (tome 6) Josey Delaney
romance > Cinquante nuances de Grey E.L. James (je dis déjà beûûûûrkk !!!)
BD > Yoko Tsuno - Le maléfice de l'améthyste Roger Leloup






Le challenge se termine le 1er mars 2016 et bien sûr libre à nous de corser l'affaire en lisant plusieurs livres par genre ... m'enfin je dis que si je ne me pends pas avec Cinquante nuances de Grey et que je survis à Mémoires d'Hadrien c'est déjà un exploit en soi !!!!

Pour rejoindre la dream team c'est !

PS : aidez-moi avec les genres qu'il me manque SVP !


dimanche 21 septembre 2014

Une photo, quelques mots - V

Atelier imaginé par Leiloona.


photo : Kot

Bonne lecture ;)


Elle se cache, immobile dans le halo lumineux des néons devant les portes de la gare. Un regard sur son téléphone: 5h07. Personne dans les rues, pas même encore les bus qui circulent, aucun regard indiscret qui se ballade. Juste elle seule, dans le froid de novembre, avec son sac minuscule et pourtant trop grand pour le peu d'affaires qu'elle emporte. 5h20 : les portent s'ouvrent, le vigile lui sourit avec la lassitude morne habituelle des matins d'hiver. Elle relève sa capuche sur son bonnet pour que les caméras ne voient pas son visage. Elle marche tête baissée. Elle traverse le hall lentement vers les bornes et commande un ticket pour le premier train en partance. Elle règle en liquide et la machine lui délivre son avenir imprimé sur un talon de papier glacé d'à peine huit centimètres. 5h29 : elle est sur le quai, le train entre en gare, balayant ses jambes et fouettant son visage. Une larme chaude fend sa joue glacée et va se perdre dans son écharpe. Elle jette son téléphone sur les rails et monte les marches du wagon vide. Les portes claquent. 5h32 : le tain s'ébranle, elle ferme les yeux. Elle ne sait pas combien de temps elle reste ainsi. Quand elle ouvre les yeux, la gare n'est plus qu'une tâche de lumière dans l'obscurité, une tâche de plus en plus petite, qui finit par disparaître ... Peut-être que la tâche de son passé disparaîtra elle aussi un jour ...