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Bonne lecture(s) ;)

dimanche 31 juillet 2011

Chapitre 25. 1492

Bonjours mes blogueurs !

Aujourd'hui, rapide billet avant de faire mes clics et mes clacs pour la Lorraine ! J'ai terminé tard dans la nuit L'entreprise des Indes d'Erik ORSENNA (s'il vous plaît ^^).

On replonge directement au 15ème siècle en compagnie de Christophe Colomb et son frère Bartolomé ... enfin plus avec son frère à vrai dire ! Car le voilà devenu vieux ce frère resté dans l'ombre du grand Christophe, ce frère possédé par la folie des mers de Christophe, ce frère qui n'a vécu que pour pousser Christophe plus avant. Un dominicain vient lui demander un beau jour, peu avant sa mort, de lui narrer les aventures de son frère Christophe. Je m'attendais alors à une épopée à travers les mers, à de l'action, des découvertes ... et en ce point j'ai été fort déçue puisque Bartolomé a essentiellement raconté sa propre vie puis vers la fin, la décision de Christophe d'aller découvrir les Indes par l'ouest (ce qui lui vaudra finalement de découvrir le Nouveau Monde). Malgré tout, le récit est intéressant et nous laisse entrevoir comment ses rêves sont nés et comment ceux-ci ont germé dans son esprit pour devenir une des plus grandes découvertes ! D'autant que la plume d'Orsenna est maîtrisée dans les règles de l'art et nous fait voyager à chaque page. Je reste tout de même satisfaite par ce récit qui m'a emmené loin dans l'histoire, à l'aube d'une période de mondialisation, et qui m'a rappelé quelles horreurs se sont déroulées dans le Nouveau Monde ...

J'ai déjà livré quelques extraits jeudi pour la Citation du Jeudi, mais je ne résiste pas à un autre passage :)
Mon frère n'avait pas dix ans et luttait pour embarquer, autorisation que mon père lui refusait encore. Le voyant gribouiller un jour sur une planche, je m'approchai.
- Que fais-tu ?
- Je commence ma carte de la mer. Ce sera la première !
Nous avions déjà tellement rôdé sur le port, tellement accablé les marins ! Ils avaient finis par nous raconter quelques uns de leurs secrets et montrer leurs documents. Nous nous étions déjà émerveillés devant ces portulans, ces insulaires. J'indiquai à Christophe que, depuis la nuit des temps, d'innombrables cartographes l'avaient précédé. Ce rappel ne rabaissa pas sa morgue :
- Leurs cartes ne dessinent que les côtes. Leur mer est vide.
- Et toi, comment t'y prendras-tu pour mettre du plein dans du vide ?
- J'y mettrai la direction des vents et des courants, qui sont sur la route de la mer. J'y mettrai la force de ces vents et de ces courants, qui donnent la vitesse des bateaux, car sur mer ce sont les routes qui avancent. J'y mettrai les couleurs de l'eau qui disent la profondeur. J'y mettrai la forme des nuages qui annoncent les tempêtes.
- Comment connaîtras-tu tout cela ?
- J'aurai navigué partout. Je perds du temps à rester à terre.



samedi 30 juillet 2011

Chapitre 24. Retour chez Balzac

Bonjour, bonjour !

On est le 30 juillet et même si ma LC avec Jeneen est prévue pour demain, je la poste aujourd'hui car demain : déménagement en Lorraine ! (et puis c'est ma fête alors je fais ce que je veux ^^)
J'en profite pour vous dire que lundi commence pour moi la vie d'adulte et que de ce fait, il se peut que je trouve moins de temps à consacrer à mon blog, mes lectures et les ateliers, ce qui ne signifie pas pour autant que je vais délaisser et moins apprécier l'univers bloguistique ;)

Entre parenthèse pour Jeneen : finalement, la lecture m'a tellement passionnée que je l'ai finie en deux soirées au lieu de trois :)

Place au billet. Ne cachons pas le suspens plus longtemps ! Notre LC portait donc sur La femme de trente ans de BALZAC.

Surprise puisque première expérience avec le cher homme et une légère démotivation quand j'ai pris le livre en main et réalisé comme la police était minuscule ... Et puis finalement non, l'histoire me va très bien !

Nous sommes au début du 19ème siècle et Julie, alors jeune femme encore fermement accrochée au bras de son père s'éprend pour un jeune colonel de l'armée Napoléonienne, Victor D'Aiglemont. Le père aimant et bien trop averti des souffrances d'un mariage peu réfléchi tente de mettre en garde sa chère enfant qui reste sourde à toutes ses recommandations et la voici mariée et malheureuse un an plus tard. Julie sombre dans un désespoir profond, souhaitant presque mourir tant son mari la répugne. Trop différente de lui et peu préparée à la consommation du mariage qu'elle ressent comme un viol, Julie se sent seule et désemparée. Lorsqu'elle trouve enfin une oreille attentive incarnée par la tante de son mari celle-ci décède. Lorsqu'un prétendant anglais lui manifeste son amour, celui-ci décède pour sauver l'honneur de sa bien-aimée. Lorsque de son amour avec un second amant naît un garçon, sa fille légitime jalouse son demi-frère et le pousse dans la Bièvre le laissant se noyer. Finalement, Julie fera bonne figure pour élever ses enfants sans pour autant leur porter un amour de mère. Elle les aime car issus de sa chair mais ne se prête pas aux babillages habituels d'une mère pour ses enfants. Devenue veuve et vieille, Julie n'a plus qu'un seul enfant des cinq à qui elle a donné naissance. Ce sera finalement l'âme coupable et meurtrie qu'elle s'éteindra, sans avoir jouit d'une vie riche et prospère.

Mon avis : j'avais beaucoup de préjugés avant d'ouvrir ce roman, à la fois pour le titre qui ne m'inspirait pas grand chose et pour l'auteur qui lui m'inspirait une lecture lente et ennuyeuse. Finalement, le texte se lit assez facilement malgré quelques longues descriptions et quelques réflexions psychologiques et morales que j'ai eu un peu de mal à suivre (était-ce parce qu'il était une heure fort avancée de la nuit, je ne sais pas). J'ai eu l'agréable surprise de découvrir que les scènes extérieures à Paris se déroulent dans mon pays natal, la Sologne et la Loire. Les paysages ont pris pleine possession de moi et j'ai savouré les ballades de Julie ou les voyages en calèche sur les bords de Loire.
L'histoire en elle-même est assez troublante (surtout lorsque l'on sait que Flaubert a été condamné pour ses propos dans Madame Bovary). Balzac traite le sujet du mariage perçu par les femmes et notamment, la mal-être ressenti dans le lit conjugal. Il nous laisse découvrir comme il peut s'agir d'une vie barbare pour des femmes délicates et mal préparées (Julie a perdu sa mère à un très jeune âge). Le récit se ponctue de longues réflexions sur les souffrances intérieures et personnellement, j'ai été déçue de constater que Julie n'a finalement jamais véritablement trouvé le bonheur (sauf peut-être avec son deuxième amant). Au 21ème siècle, j'aurai bien été tentée de la secouée et de lui botter les fesses mais les mœurs du 19ème siècle étaient bien différentes d'aujourd'hui. C'est peut-être le seul aspect de l'histoire qui m'a gênée.

Mon passage préféré reste l'histoire d'Hélène, la fille aînée de Julie qui s'enfuit un beau jour avec un inconnu (brigand de surcroît) et qui va vivre son mariage avec grande passion à l'inverse de sa mère qu'elle a toujours su infidèle et qu'elle condamnait pour sa froideur et son manque de maternité.


vendredi 29 juillet 2011

Les plumes de l'été - II

Bonsoir mes bloggueurs !

Cette semaine, je reprend place sur les bancs de l'atelier d'Asphodèle pour vous conter la magie d'un concert, mais sur la scène.



Voici les mots en D : DALLE – DIVIN – DÉCLIN – DIAMANT – DÉSIR – DÉLIQUESCENCE - DANSE – DÉMON – DÉSAMOUR – DÉSESPOIR – DAUBE – DÉVORER – DIPLOMATIQUE – DRUIDE – DIATRIBE

PS pour Asphodèle : bon et bien ce dromadaire a bien fait de prendre la porte, je n'aurai pas su quoi en faire dans cet amas de froufrous et de délicatesse ;)

Bonne lecture :)

C’est un bourdonnement vif, un tambour battant dans mes tempes. Je deviens sourde, hermétique, il n’y a plus que le tamtam assourdissant de mon cœur. Une angoisse grandissante, un sentiment horrifiant qui me dévore de plus en plus vite, je sens mon visage s’empourprer. Ma déliquescence atteint son paroxysme et je me sens sur le déclin. Ma vie est en suspens, une foule d’interrogations m’envahit et laisse place à un désespoir profond.
Tam tam tam tam. Mon corps se dérobe, mes intestins se tordent.
Soudain, le temps s’accélère, ma torpeur prend fin et mon cœur s’accélère, il est l’heure. Le silence gagne la salle, la concentration laisse place à ma détresse. Je ferme les yeux et je sens une paix infinie s’insinuer dans mon esprit, dans mon corps, jusqu’au bout de mes doigts. Je m’empourpre encore davantage mais de désir cette fois. La daube se termine. Inévitable instant de panique des artistes surnommé ainsi pour sa ressemblance avec une cuisson à l’étouffée. Lorsque le stress vous prend au plus profond de vous-même et que votre sang semble se mettre en ébullition. Cette sempiternelle daube disparaît et mes pas se précipitent sur les dalles de marbre noir. Je parcours la galerie exiguë jusqu’à parvenir sur la scène. Cet instant divin que je savoure comme une sucrerie est mien. Les lumières m’envahissent, la foule est mienne, le démon de la musique s’empare de tout mon être. Je m’élance dans une danse intérieure sauvage et intense. Tous mes sens sont en alerte, je possède le public, je le tiens à chacune de mes notes, je le sens en haleine, accroché à la mélodie, se délectant des vibrations de mon instrument. Je suis comme un diamant, je suis la convoitise du public. Peu importe les diatribes, ce moment  d’accomplissement me propulse au panthéon du bonheur. Je ne suis plus que musique, comme si un druide m’avait enchantée. Et enfin, les applaudissements à rompre mes tympans m’arrachent une larme qui vient s’écraser dans mon cou et continue sa faible course dans le tulle de ma robe noire. Mon cœur bat tellement fort, je ne le sens plus. Le public, mélange  de bourgeois blasés et du gratin diplomatique du moment, s’éloigne de la scène pour reprendre leur vie là où elle les attend derrière les portes battantes. Un désamour s’installe et fait naître un sentiment de nostalgie en moi … jusqu’à la prochaine représentation.

jeudi 28 juillet 2011

Citation du jeudi

Bonsoir à mes blogueurs :)

Aujourd'hui je vous fait partager quelques extraits de ma lecture du moment : L'entreprise des Indes, d'Erik ORSENNA. Ce roman, je le partagerai avec vous dans les jours prochains car je suis presque au terme, mais je me dois de faire une pause pour ma LC de dimanche. Parc contre, je peux d'ores et déjà vous dire combien ce livre est merveilleux et combien il est difficile de choisir un seul passage pour la Citation du jeudi ... C'est pourquoi je vais vous livrer plusieurs extraits ...

"D'ordinaire, on ne retient des voyages que leur destination, alors qu'ils ont, d'abord, des sources."

"Les bateaux ne partent pas que des ports, ils s'en vont poussés par un rêve."
"Une caravelle avance lentement, poussée par la marée montante. Ses voiles ne sont que des lambeaux rapiécés, ses mâts ne semblent tenir debout que par miracle."

"Christophe ne s'intéressait qu'à son Entreprise et on ne s'intéressait qu'à Christophe."
"Les Découvreurs débarquaient portaient beau, malgré leurs guenilles. Ils ne racontaient que ce qu'on voulait entendre d'eux : des émerveillements et des conquêtes. Ils avaient trop et trop longtemps enduré pour ne pas recueillir le prix de leurs souffrances : la gloire et les regards qui lui font cortège, l'admiration, la fascination, le respect ...
Après s'être rassasiés de ces douceurs, une autre envie leur venait, une nécessité. C'est une vague qui vous vient un beau jour au creux du ventre et remonte jusqu'à la langue et la met en mouvement et vous ouvre les mâchoires. Et soudain, alors que l'élémentaire prudence vous supplie de vous taire, vous vous entendez raconter l'entiereté de votre vie, y compris ses ombres." 

" Il était une fois, dans le Grand Nord, vers Thulé, la brève pénombre bleue qui fait office de nuit, il était une fois le jaune joyeux du ciel avant que le soleil ne se réveille et ne pointe son crâne rond au-dessus des eaux, il était une fois cent sortes de gris, il était une fois le ciel bleu revenant vite le lendemain, comme de crainte d'avoir été oublié, il était une fois la longue glisse du bateau, poussé par un vent de trois-quarts arrière et suivi par des oiseaux sidérés, il était une fois le miracle de dévaler une montagne horizontale, il était une fois l'amitié d'une vague qui prend un bateau sur son dos, le soulage de tout soucis et le transporte jusqu'au-delà de l'horizon, il était une fois des nuits tièdes où des poissons se mettent à voler, il était une fois le campagnonage goguenard des oiseaux, il était une fois la revanche du nez sur les deux yeux : ô le parfum du rivage bien avant de le voir.
Il était une fois, la magie de la mer."


"Rien n'indique la réalité des îles, sinon une multitude d'oiseaux : ils tournent et retournent sans fin au-dessus d'un morceau de l'océan qui paraît désert. Guette les oiseaux, Christophe, une île est en-dessous, je te le confirme, et ne t'inquiète pas si tes yeux ne voient aucune terre, fais confiance aux oiseaux ! Depuis la nuit des temps, de profondes complicités se sont nouées entre les îles et le soiseaux. D'ailleurs Christophe, à bien y réfléchir : plus durable que les nuages, les oiseaux ne sont-ils pas des îles dans le ciel ?"


Nous nous arrêterons là ce soir, sinon je crains de vous lire tout le livre ...



mardi 26 juillet 2011

Chapitre 23. Découverte inopinée

Chose promise, chose due ! Voici, enfin !, mon billet sur Prodigieuses Créatures de Tracy CHEVALIER.

A entendre le titre, j'ai d'abord cru à une éloge religieuse, mais en tournant la quatrième de couverture, à ma grande surprise, j'ai réalisé que ces prodigieuses créatures ne sont rien d'autres que des fossiles. Une telle surprise m'a poussée à me lancer dans cette lecture qui à ma seconde surprise s'est révélée être une biographie romancée !

C'est dans l'Angleterre du 19ème siècle, à Lyme Regis dans le Dorset, qu'emménage un trio de sœurs vouées au célibat. Miss Philpot, l'une d'elles, s'éprend rapidement des ballades sur la plage et y fait la rencontre de Mary Anning, alors âgée d'une dizaine d'année et d'une condition sociale peu élevée. La jeune fille apprend à Miss Philpot tout l'art de découvrir et collectionner les curios, des fossiles qui attisent la curiosités des touristes et profitent au commerce local. Tandis que pour Mary il s'agit d'une nécessité pour survivre, pour Miss Philpot, il s'agit d'une passion vivace. 
Mais Mary, loin de deviner son destin, brave l'hiver, le vent et les marées pour dénicher des fossiles rares, jusqu'à tomber sur des espèces jusqu'à lors inconnu. Des interrogations naissent entre les deux femmes : d'où viennent ces animaux ? Est-ce là l'œuvre de Dieu ? 
Mary grandit, ses découvertes bouleversent le monde scientifique et attisent certaines convoitises. L'amitié des deux femmes est mise à l'épreuve, des jalousies naissent, les écarts sociaux se creusent nettement mais ce sera finalement cette amitié qui sera le plus précieux pour ses deux femmes.

Mon verdict, bien que je ne sois pas une adepte du genre biographique, est que j'ai adoré ce roman. L'auteure, pour qui ce n'est pas une première,  fait preuve d'une étonnante dextérité pour narrer une histoire lente et répétitive qu'est celle de ramasser des coquillages et des fossiles jour après jour sur des plages désertes parcourues de vents glacials. Plus que ça, j'ai été totalement plongée dans l'univers de l'Angleterre du 19ème et des côtes britanniques dont les embruns marins m'ont frappée de plein fouet ! Sans oublier les personnage quelque peu atypiques qui laissent rappeler le genre Austenien et qui font la richesse du récit.
L'histoire en elle-même comporte une profondeur intense d'autant que l'époque nous rappelle combien les femmes étaient soumises et considérées comme inférieures aux hommes et indignes d'intérêt et combien la science était encore nébuleuse et empreinte de religion.
On se laisse littéralement happer par l'aventure (si peu ambitieuse puisse-t-elle paraître au début) et le récit révèle une force particulière que j'ai du mal à identifier mais qui m'a charmée du début à la fin !
Je le conseille donc à tout lecteur qui aime se laisser embarquer dans des aventures et je conseille aussi de na pas se laisser freiner par le genre biographique et par l'esprit du 19ème siècle contenu dans ses pages qui s'apprivoise finalement très facilement ...
Bonne lecture donc ;)


J'ai eu un frisson, un de ces frissons qui vous vient alors que vous n'avez même pas froid mais que vous ne pouvez pas retenir. J'ignorais que des yeux de crocodile pouvaient être si grands. Ca me faisait bizarre de regarder cet oeil, comme s'il existait un monde de fossiles dont j'avais pas idée : des crocodiles avec des yeux immenses, des serpents sans tête et des éclairs de Dieu lançait du ciel et qui se transformaient en pierre. C'était la même sensation de vide que celle qui me saisissait quand je contemplais  un ciel remplis d'étoiles ou les profondeurs marines, les rares fois que j'ai pris le bateau, et elle ne me plaisait pas.

La découverte du croco a tout changé. Parfois, j'essaie d'imaginer ma vie sans ces grosses bêtes intrépides cachées dans les falaises et les rochers. Si j'avais jamais rien trouvé d'autre que des ammos, des bélems, des lys et des griphies, ma vie aurait été aussi insignifiante que ces curios.
Ce n'était pas seulement l'argent du croco qui avait changé les choses. C'était de savoir qu'il y avait quelque chose à chercher, et que j'étais plus douée pour ça que la plupart des gens ... voilà ce qui était différent. Je pouvait maintenant regarder devant moi et voir non pas des rochers dispersés au hasard, mais une ébauche de ce ma vie pourrait être.