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Laissez-vous tenter par l'une de mes dernières lectures dont j'ai laissé le billet derrière moi !

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Laissez-vous entraîner dans le flot d'écriture des ateliers avec la communauté de bloggueurs !

Bonne lecture(s) ;)

jeudi 30 juin 2011

Citation du jeudi

Aujourd'hui c'est citation du jeudi sur Au-delà de cette limite, votre ticket n'est plus valable de Romain GARY.



Il ne s'agit pas d'un plaidoyer dans ces pages. Ce n'est pas non plus un appel au secours et je ne mettrai pas ce manuscrit dans une bouteille pour le jeter à la mer. Depuis que l'homme rêve, il y a déjà eu tant d'appels au secours, tant de bouteilles jetées à la mer, qu'il est étonnant de voir encore la mer, on ne devrait plus voir que des bouteilles.

mardi 28 juin 2011

Chapitre 21. Le roman de la pétasse

Me revoilà d'attaque après une - relativement - petite période de désertion ...

Malgré tout, j'ai eu le temps de lire deux ou trois trucs mais comme d'hab' au lieu de piocher dans ma PAL il a fallu que je sorte un vieux truc poussiéreux de 2002 ...

Vous allez rire mais tant pis : Hell de Lolita Pille qui a été - naturellement - suivi de Bubble Gum.

Prose provocante, écriture enlevée traversée de fulgurances, furieux, cynique, violent, drôle, dramatique. Ce livre est tout un tas de choses à vrai dire. Pour un premier roman, on ne va pas trop blâmer la jeune demoiselle qui s'en sort tout de même de façon honorable par la qualité de l'écriture et la finesse de la critique.
Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est l'histoire d'une gosse de riche qui crache dans la soupe avec une bonne de répartie qui claque comme des slogans publicitaires. Dotée d'un dose de méchanceté tout à fait rebondissante, purement matérialiste et futile, elle auto-critique (puisqu'elle fait elle-même partie de la jeunesse dorée friquée) la dure vie des riches et fait le consternant constat de la vacuité de sa personne et de son existence. 
Alors oui il y a du vocabulaire et de la culture, ce n'est certes pas la dernière des incultes mais le livre tire en longueur et comporte tout de même des passages relevant davantage du platonique que de l'excitant ! Le deuxième opus de Mademoiselle Pille n'est rien de moins qu'une répétition du style, la continuité de son exploration haineuse de la population friquée. Elle s'enlise dans le genre et nous enfonce encore un peu plus dans la torpeur. Néanmoins, Bubble Gum a un petit plus quant à son prédécesseur : une chute surprenante (mais très peu réaliste avouons le).

Dans la finalité, je salue tout de même le choix du genre qui est un peu novateur, on peut le dire avec une bonne plume. Mais point trop n'en faut dirons nous ! On a retenu la leçon, et puis que nos parents se rassurent, à 600 balles la coke, on préfère faire semblant avec de la maïzena !

Je conseille donc la lecture de Hell pour son rayon perso de culture gé mais Bubble Gum n'est pas indispensable.


vendredi 24 juin 2011

Des mots, une histoire - III

Salut les amis !


Voici ma participation du jour à l'atelier d'Olivia - tardive, je vous l'accorde. Une idée qui m'est venue tôt ce matin et qui est restée toute la journée même si le sujet est un peu glauque, mais bon, y a des fois comme ça ...

L'atelier, c'est toujours en cliquant sur l'image, bonne lecture ;)


Zire se tenait là, debout, immobile, au milieu de cette rue pourrie où tout sent mauvais. Les vieilles maisons à moitié en ruines à peine plus grandes que des caravanes, les eaux sales qui ne s’écoulent plus depuis longtemps, les tas de poubelles qui débordent et qui recouvrent le bitume, les chiens abandonnés infestés de puces qui vont de jardins en jardins. Pas d’argent pour nettoyer le quartier, pas d’argent pour éduquer les jeunes. Zire le sait, c’est pour ça qu’il a quitté l’école à seulement quatorze ans pour son premier petit boulot, dealer. Toute une civilisation qui s’engouffre dans le chaos. Lui le premier, il a vendu son âme à Beaver. Beaver lui a appris comment tenir une arme, comment terroriser les gosses et les mamies à la sortie du supermarché : « vide tes poches Mémé et sois sage où j’te donne un ticket gratos pour le cimetière, vu ? ». Zire entendait les sirènes hurler au loin, déchirant la nuit mais prolongeant le quotidien des habitants de la Zone. C’est comme ça qu’on l’appelle ici le quartier, la Zone, parce que c’est infesté de partout et les gens ils font que « zoner » toute la journée. Les flics se rapprochent, leurs gyrophares dessinent des kaléidoscopes de lumière dans le ciel mais Zire reste là, les yeux fixés, le bras tendu avec son flingue dans la main. Si Zire bouge, c’est Beaver qui le chope et qui le défonce. S’il reste c’est les flics. Il sent ses pensées s’entrelacer comme un écheveau mais rien ne se démêle. C’est foutu. Quoi qu’il fasse il est foutu. Y a un mec qui passe. Il s’arrête derrière un arbre pour observer et il fout le camp. Ici c’est comme ça, personne pour t’aider, personne qui dit rien, tout le monde qui s’en fout. Zire a le bras qui tremble. Il a peur, ça faisait belle lurette qu’il a pas senti la peur lui retourner les boyaux. Il contemple l’inscription sur son bras : « Tue ou meurt. » Ce tatouage, c’est Beaver, quand il lui a appris qu’ici y’a que deux solutions : soit tu pointes une arme soit tu te fais pointer. Et vaut mieux la première situation, sinon t’es un homme mort. Le vent se lève, le coq en plastique sur la boîte aux lettres du Rital à trois mètres se met à claquer. Le bruit retentit dans la tête de Zire. C’est des coups de feu, il n’entend plus que ça. Pan ! Pan ! Zire a cru que c’était un mac en rage à cause de la Coc’. En ce moment c’est la misère, même les dealers y trouvent plus de stup’ convenables. De l’avoine, c’est comme ça que les clients appellent ça quand elle est pas bonne : « Hé mec ! Tu crois qu’tu vas me r’filer ton avoine comme ça ? ». Ca y est les flics sont là. « Bouge pas, lâche ton arme » qu’ils disent. Mais eux non plus ils bougent pas. Ils sont trop dégoutés du spectacle. Dans le rayonnement des phares, la tâche de sang est énorme. Y en a partout autour de Zire. Mais il peut pas regarder, son regard est figé sur le goudron. Il y a le gilet en dentelle qui s’est défait, dedans c’était un pauvre poney en peluche qu’était enroulé, pas une arme. Zire a cru que c’était un client avec un flingue venu lui faire la peau. Mais c’était juste une gosse de six ans qui rentrait chez elle.



dimanche 19 juin 2011

Atelier du dimanche - III

Salut les amis !


Voici mon nouveau texte en rapport avec l'atelier d'écriture de Gwen. Bonne lecture ;)

L'atelier c'est en cliquant sur la photo.


La consigne (et c'est moi qui l'ai soufflée à Gwen cette fois !) :
On a tous été à un moment donné assis sur un banc quelque part. L’exercice du jour consiste à raconter une histoire, vécue ou non, qui se déroule sur un banc avec les mots en gras dans le texte.



Chaque jour depuis qu’elle avait emménagé dans cette ville, Jo courait dans le parc. Elle courait comme un vaillant petit soldat vers les coups de onze heures et ne s’arrêtait qu’une fois ses sept kilomètres parcourus. Ce qui l’avait avant tout charmée en achetant son loft ici, c’était l’immensité du parc qui s’offrait à ses pieds lorsqu’elle sortait à son balcon. Cela lui rappelait sans doute un peu la vie trépidante qu’elle avait menée à New York lorsqu’elle habitait à deux coins de rue de Central Park. Jo s’était toujours félicitée d’avoir brillamment mené sa vie : après des études acharnées largement récompensées d’excellents résultats, elle avait décroché un poste non négligeable dans une compagnie financière et avait rapidement  gravi les échelons. Partout où elle passait, le monde était à ses pieds. Elle était douée et le savait, c’est pour cela qu’elle mettait toujours la barre au plus haut et qu’elle en était arrivée là à un si jeune âge. Sa carrière était toute sa vie. C’est pour cela qu’elle avait accepté de revenir quelque temps en France, pour assurer un rôle important qui lui vaudrait une renommée inégalée dans son domaine. Elle serait la Numéro Une, elle deviendrait immensément riche et respectée.
S’il y avait bien un seul loisir qu’elle s’accordait, c’était le jogging. Elle gouvernait son corps avec la même rigueur que sa carrière et savait pertinemment qu’elle n’était pas en mesure de s’octroyer quelque écart que ce soit. Son dressing représentait à lui seul plus de quarante pour cent de l’espace de son loft et elle ne connaissait pas de plus grand plaisir que d’enfiler une robe fourreau à martingale vertigineusement échancrée lors d’une cérémonie officielle de sa boîte. Le plaisir n’en était que plus grand de savoir que quelques contrats supplémentaires étaient à la clé après avoir ondulé aux côtés de clients importants. Oui, Jo ne raterait pour rien au monde sa séance quotidienne de jogging. Elle avait d’ailleurs toujours été claire avec ses employeurs sur ce point. Elle ne demandait qu’une heure de libre par jour : entre onze heures et midi. Les vingt-trois autres étaient entièrement dédiées à l’entreprise.
Jo courait. On était samedi matin et le parc était bondé de monde. Le soleil était au rendez-vous et le printemps était arrivé. Tout le monde en profitait pour mettre un peu le nez dehors. Jo détestait ça. Elle ne supportait pas de voir cette population oisive qui ne faisait que la déranger dans son activité favorite. Elle ne supportait pas non plus la vision des couples enamourés qui s’enlaçaient sur des nappes de pique-nique, les enfants braillant et ne regardant pas autour deux, les mères rondouillettes vautrées sur les bancs à cancaner avec les voisines des derniers potins … Jo se félicitait réellement de ne pas avoir de vie sociale, elle échappait à tout cela et n’en était que plus heureuse. Dans ses divagations, elle ne fit pas attention à la corde à sauter qui traînait par terre et trébucha. Elle sentit une douleur lancinante lui remonter la jambe et pour la première fois depuis une éternité, elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle se releva péniblement et sauta à cloche-pied jusqu’au banc le plus proche. Elle se massa la cheville et aperçut une main dotée d’une chevalière en or se tendre vers elle. Elle releva la tête et un jeune homme en costume sombre lui adressa un sourire.
« Tout va bien ? Je vous ai vu tomber, c’est une belle chute que vous avez fait là. En tout cas bravo, vous vous êtes bien rattrapée mais je crois que cette blessure mérite d’être sérieusement examinée. Je m’appelle Bertrand, vous me laissez jeter un coup d’œil ? »
« Vous êtes Docteur peut-être ? Non, alors fichez moi la paix, je ne vous ai rien demandé ! »
Le jeune homme prit un air courroucé et observa quelques secondes Jo ne sachant comment réagir. La douleur la faisait peut-être dire des choses qu’elle ne pensait pas et avait peut-être un peu honte d’être vulgairement tombée sur une corde à sauter. Mais en scrutant son regard, il comprit que ce n’était pas la peine d’insister et disparu aussitôt.
Jo était exaspérée de voir combien les hommes se jetaient sur elle pour le moindre prétexte. Elle jura et étendit ses jambes. Elle attrapa la petite gourde fixée à sa ceinture et stoppa la montre chrono fixée à son poignet. Tant pis pour les derniers cinq cents mètres qu’il restait à parcourir, son rythme cardiaque était redescendu trop bas.
Jo n’avait pas fait attention mais le banc sur lequel elle s’était assise était déjà occupé. Une petite vieille se tenait là, roulée dans ses châles avec une paire de chaussons aux pieds. Elle était toute petite, ses pieds touchaient à peine par terre et elle tenait dans sa main un sandwich de pain de mie qu’elle croquait par tous petits bouts. Posé à son côté, un panier en osier avec du pain dur, une antique radio avec l’antenne tordue qui peinait à émettre une mélodie de charleston, une gourde en aluminium, des boîtes à chat, des feuilles de salade défraîchies et une part de gâteau à la crème plutôt généreuse pour ce bout de femme tout frêle qui semblait déjà rassasié par son sandwich. Il se dégageait d’elle une odeur de vieux. Une odeur caractéristique qui rebiffa immédiatement Jo. La vieille la fixait sans faillir et semblait la détailler sous toutes les coutures. Elle avait l’air intriguée et amusée. Jo se sentit mal à l’aise. Elle aurait voulu lui lancer une phrase, un mot à la figure mais rien ne lui venait. Elle la regardait et elle se sentait lourde sur ce banc comme tassée, enracinée. La vieille continuait de la regarder intriguée en mordant dans son sandwich. Un ballon tomba près d’elles faisant partir à la volée les pigeons qui se régalaient des grosses miettes plus volontairement qu’accidentellement perdues et Jo se leva d’un bond. Elle s’en alla en boitant et se retourna avant d’atteindre le trottoir pour traverser la rue. La vieille avait sorti un tricot et semblait rire en catimini.
Deux mois passèrent et Jo pu constater chaque matin que la vieille était assise sur ce même banc. Elle portait immanquablement sa paire de chaussons et un gros châle beige. Elle était toujours affairée à nourrir des animaux, tricoter un brocart, lire un journal avec d’énormes lunettes rondes … et elle mangeait toujours quelque chose. Jamais, pas un seul jour de mauvais temps ou un dimanche la vieille n’avait manqué à l’appel. Et à chaque fois que Jo passait de l’autre côté de la mare aux canards elle s’arrêtait une minute pour l’observer. Elle se persuadait qu’elle attendait quelqu’un, ou qu’elle partait à un moment de la journée, mais plus le temps passait, moins elle en était sûr. Néanmoins, elle pouvait affirmer avec certitude qu’elle n’était pas à la rue. Ses vêtements étaient toujours lavés et repassés et elle était toujours coiffée convenablement, une broche retenant la maigre masse de cheveux blancs. Et ce dont elle était également certaine, c’est que cette petite dame lui procurait un étrange sentiment qu’elle ne connaissait pas. De la mélancolie, de la tristesse peut-être ? Son cœur se serrait à chaque fois qu’elle l’observait et il était même arrivé au bout d’un certain temps qu’elle ait envie de s’approcher pour adresser une parole gentille, lui proposer une pièce. C’était de la pitié, Jo avait pitié. Mais elle ne savait pas pourquoi. Elle l’avait surnommée, la Tortue. Elle trouvait qu’elle ressemblait à une tortue : lente, fatiguée, discrète, ridée, avec des toutes petites guibolles … et elle avait ces mêmes petits yeux noirs et perçants qui semblent supplier à tout instant. L’esprit de Jo était de plus en plus accaparé par cette petite vieille qu’elle s’était surprise lors d’une réunion à ne plus écouter, ce que son boss avait immédiatement remarqué. Préoccupé par son comportement de plus en plus rêveur et morose, il l’avait convoquée et avait exigé qu’elle prenne une semaine de repos. Jo était restée trois jours à tourner en rond dans son loft. Elle n’était même pas allée faire son jogging. Elle s’était torturée l’esprit à a la recherche d’une chose à faire. Elle avait alors admiré le vide qui remplissait sa vie : pas une photo n’était accrochée au mur, sa messagerie personnelle était irrémédiablement vide, elle n’avait pas un DVD, pas un livre, pas une idée des films à voir au cinéma ou de la façon de concocter un bon petit plat. C’est simple, elle n’avait même pas de casserole ou de poêle chez elle. Elle était incroyablement seule. Elle finit par dénicher le seul Blue Jean qu’elle possédait, l’enfila et sortit. Elle marcha jusqu’au parc et chercha la Tortue. Elle était bien là, fidèle à son poste. Jo s’avança et alla s’assoir au banc. La vieille ne la regarda pas, elle continuait de compter les mailles de son tricot. Quelque minutes s’écoulèrent et Jo lança :
« Vous portez toujours des chaussons ? »
« C’est très confortable, pourquoi je porterais des souliers ? »
Jo sourit. Pour la première fois depuis longtemps.

vendredi 17 juin 2011

Des mots, une histoire - II

Salut les amis !
Vous trouverez ma participation du jour à l'atelier d'Olivia ici !


landau – casser – postillon – balançoire – lancinant – cerise – luminosité – lenticulaire – scruter – frôlement – fromage
Aujourd’hui est un grand jour pour Barbara. Jeune diplômée, elle vient enfin de décrocher un entretien avec le DRH d’un grand groupe de chaîne de restauration. C’est la chance de sa vie, l’occasion de donner une belle impulsion à sa carrière, de s’assurer d’un avenir prospère. Après les notes excellentes obtenues quelques jours plus tôt à la remise des diplômes, c’est tout simplement la cerise sur le gâteau. Rien ne saurait la rendre plus heureuse que de décrocher ce job … mais encore faut-il le décrocher justement ! Voilà trois jours que Barbara n’a pas fermé l’œil et qu’elle tourne en rond chez ses parents, révisant encore un peu ses cours de management avant l’heure fatidique.
Elle se tient là, devant l’enseigne d’un rouge flamboyant, éblouie par la luminosité du soleil. Quelques hommes pressés en costume lui lancent un regard lancinant tandis qu’elle reste bêtement plantée là. Elle reste d’ailleurs plantée tellement longtemps qu’elle ne s’aperçoit pas que l’heure tourne et c’est avec une heure de retard qu’elle se présente à l’accueil, le teint rouge de honte. Après s’être répandue en excuses, Barbara est emmenée dans une salle garnie de canapés en cuir noir avec des tables basses d’un blanc immaculé. La salle est immense, il y a des dizaines, peut-être même des centaines de portes qui s’alignent de toutes parts.
« Monsieur Gaston vous attend. Allez-y. »
Barbara acquiesçe et se dirige vers la première porte, qui est close. Elle se retourne pour demander de quelle porte il s’agit mais l’hôtesse d’accueil a disparu. Elle sent son estomac se tordre dans tous les sens mais parvient à garder son calme. Elle se met à scruter la pièce immense et se dirige vers la porte suivante. Elle n’a pas remarqué en arrivant dans la pièce le grand miroir qui se tient au milieu et aperçoit à la volée son profil. Elle s’arrête net et s’approche. Elle est horrifiée de découvrir que son visage est en proie à une irruption cutanée : un amoncellement de tâches lenticulaires de couleur rouge vif recouvrent sa figure. Elle veut mettre du fond de teint pour couvrir du mieux possible ce qui peut l’être mais elle s’aperçoit à grands regrets qu’elle a du oublier son sac à main à la réception car elle ne l’a plus avec elle. Ne sachant malheureusement plus par quelle porte elle est entrée elle continue à actionner la poignée de chacune d’elles, jusqu’à trouver une serrure ouverte. En ouvrant la porte, elle découvre une balançoire, un parc de jeux, une table à langer et un landau dans lequel se trouve un bébé qui pleure. Ne pouvant décemment pas le laisser là, elle le prend dans ses bras et à ce moment-ci surgit Monsieur Gaston derrière Barbara.
« Ah, Mademoiselle Ficioni, cela fait deux heures que je vous attends. La ponctualité est une des bases de notre métier sachez-le ! »
« P-p-p-ard-d-on. » Barbara sentit l’angoisse monter en elle, les mots restaient coincés dans sa gorge et elle se mettait à envoyer des postillons dans toutes les directions sans qu’aucune raison ne le justifie.
« Excusez-moi, c’est votre enfant ? On vous avait pourtant prévenu que ce n’était tout simplement pas possible pour nous d’embaucher une femme avec un enfant en bas âge ! »
Barbara posa l’enfant dans le landau et s’approcha du chargé du recrutement pour lui serrer la main. Tout en tendant le bras et à sa grande stupéfaction, une odeur nauséabonde se dégagea de son corps, ce qui n’échappa pas à Monsieur Gaston.
« Mon Dieu, je déteste le fromage, c’est une horrible odeur. J’espère que vous comprenez bien que ce n’est pas possible de vous engager. Une odeur tellement pestilentielle, ce n’est pas humain ! »
Et pour couronner le tout, Barbara s’entendit dire presque comme un réflexe « Cool, jpeux m’casser mec ? »
C’en était trop, Barbara aurait voulu mourir. Elle sentit un frôlement à son pied qui la fit sursauter.
Elle était dans son lit, son chat était venu se lover à ses pieds. Elle regarda son réveil. Dans moins de cinq heures, elle avait rendez-vous pour son entretien.